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C’est une question qui revient de plus en plus souvent. Un professionnel en technologies de l’information, salarié depuis plusieurs années, se demande si le moment est venu de passer en mode consultant incorporé. Sa formulation est presque toujours la même : « Est-ce que ça vaut vraiment la peine de m’incorporer, et si oui, à partir de quel taux horaire? »

On réduit trop souvent cette décision à un calcul rapide : le salaire annuel d’un côté, le taux horaire multiplié par les heures facturables de l’autre. Ce n’est pas ainsi que fonctionne la réflexion. Une vraie analyse repose sur quatre questions, et le taux horaire n’en est que la conclusion.
Avant de comparer quoi que ce soit, il faut chiffrer tout ce que vous recevez aujourd’hui comme employé. Le salaire de base, bien sûr, mais aussi les bonis, les cotisations de l’employeur au REER collectif, les assurances collectives, les vacances payées, les journées de maladie, les contributions à un régime de retraite, parfois même un cellulaire.
Tout cela a une valeur monétaire réelle que l’on oublie systématiquement de comptabiliser. Une fois incorporé, vous assumez ces coûts vous-même, ou vous y renoncez. C’est souvent ce premier calcul qui surprend le plus.
Voici une question que l’on se pose trop tard. De combien avez-vous réellement besoin chaque année pour maintenir votre niveau de vie : loyer ou hypothèque, épicerie, transport, loisirs, épargne, retraite?
Ce chiffre devient votre plancher. Il détermine le revenu minimum que votre société doit générer pour que la transition soit viable, avant même de parler d’optimisation fiscale. Sans cette donnée, tous les autres calculs reposent sur du sable.
C’est peut-être la question la plus déterminante, et la moins souvent posée. L’incorporation crée un espace entre ce que la société gagne et ce que vous vous versez personnellement.
Cet écart peut servir à reporter de l’impôt, à investir à l’intérieur de la société à un taux plus avantageux, à protéger du patrimoine ou à préparer votre retraite. Mais si votre objectif est simplement de tout retirer en salaire chaque année, l’avantage fiscal se rétrécit considérablement. L’objectif derrière l’incorporation change complètement le calcul, et donc le taux horaire à partir duquel l’opération devient réellement intéressante.
S’incorporer, c’est aussi accepter une couche de complexité administrative et des coûts récurrents :
Ces coûts ne sont pas prohibitifs, mais ils sont réels et doivent entrer dans le calcul du seuil de rentabilité.
Dans le dossier de ce professionnel, notre analyse a permis de déterminer le taux horaire à partir duquel la transition devenait réellement avantageuse. Ce taux se situait plus bas qu’il ne le croyait. Autrement dit, sa fenêtre d’occasion était plus grande qu’anticipée, et l’incorporation se justifiait plus tôt dans sa trajectoire.
S’incorporer n’est pas toujours la bonne décision. Mais cela vaut toujours la peine de faire le calcul, avant de signer votre premier contrat, pas après. Ce calcul se fait idéalement en coordination avec votre comptable, qui valide les chiffres, pendant que l’encadrement juridique de la société se met en place.
Nos services en fiscalité et en droit des affaires incluent ce type d’analyse pour déterminer le taux horaire qui rentabilise votre nouvelle structure.
Vous êtes en pleine réflexion? Réservez une consultation en ligne pour connaître votre seuil de rentabilité avant de vous lancer.
Il n’existe pas de seuil universel. Le point de bascule dépend de votre coût de vie, de la valeur de vos avantages sociaux actuels et de ce que vous comptez faire des profits laissés dans la société. Un professionnel qui réinvestit ou reporte de l’impôt atteint son seuil de rentabilité plus tôt que celui qui retire tout en salaire.
L’incorporation permet notamment de reporter de l’impôt sur les sommes laissées dans la société, d’investir à un taux corporatif plus avantageux, de protéger une partie du patrimoine et de planifier la retraite. Ces avantages se concrétisent surtout si vous n’avez pas besoin de retirer la totalité des profits chaque année.
Elle ajoute des coûts récurrents : comptabilité, frais juridiques pour garder la société en règle et cotisations au Régime de rentes du Québec. Vous perdez aussi l’assurance emploi. Ces frais restent gérables, mais ils doivent être intégrés au calcul du seuil de rentabilité avant de décider.